L’examen de non contre indication ophtalmologique

L’EXAMEN DE NON CONTRE INDICATION OPHTALMOLOGIQUE A LA PLONGEE LOISIR AU CABINET DE MEDECIN DU SPORT

 

Dr Valérie PONCIN

extrait de : « Le médecin du sport et l’oeil du plongeur », Mémoire de Capacité en Médecine du Sport
2001

 

Un bon interrogatoire et un examen simple, avec au besoin, recours à l’ophtalmologiste, vont aider le Médecin du Sport à répondre à ces deux questions :

  1. L’état de la vision du plongeur l’autorise-t-il à plonger en sécurité pour lui-même, pour sa palanquée et pour le milieu naturel ?
  2. Autorise-t-on ses yeux à plonger en sécurité pour eux-mêmes ?

 

1) PORTE-T-IL DES LUNETTES ?

SI OUI :

  1. pourquoi ?
    Est-il myope, hypermétrope (verres grossissants) astigmate, presbyte (lunettes de près) ?
  2. les porte-t-il tout le temps ?
            Si oui, une correction en plongée sera sans doute nécessaire ;
  3. A-t-il plus de 50 ans ?
            Une correction de près sera nécessaire pour la lecture des instruments (profondimètre ou ordinateur, tables, manomètre, montre) ;

  4. Date de la dernière consultation ophtalmologique pour ceux qui ont des lunettes et aussi pour les autres (dépistage du glaucome en particulier) ?

SI NON :

  1. Porte-il des lentilles ?
            de quel type ?
    S’il porte des lentilles rigides, conseiller une adaptation en lentilles souples type jetable, pour plonger, même si la vision obtenue est inférieure ;
    S’il porte des lentilles souples, conseiller le port de lentilles type jetable pour la plongée (coût moindre en cas de perte) ;
    Conseiller une bonne hygiène des lentilles après la plongée et éventuellement un collyre antiseptique ;

  2. A-t-il bénéficié d’une chirurgie réfractive ?
    Délai, complications, résultats visuels ?

 

2) ÉVALUER SON HANDICAP VISUEL :

  1. Épaisseur des verres (corrélée en général avec le handicap bien que les verres des myopes soient de plus en plus fins ; y a-t-il une grosse asymétrie droite/gauche ?

  2. Comportement : conduit-il ? a-t-il fait son service militaire ? si non, est-ce pour raisons oculaires ?
    Peut-il se diriger sans ses lunettes ?

  3. Examen de l’acuité visuelle et du champ visuel au doigt, œil par œil.

 

3) QUEL EST SON NIVEAU DE PLONGÉE ?

Encadrant, autonome : une correction sera impérative en cas de déficit visuel.

Débutant : la correction optique est nécessaire à la découverte du milieu et à la gestion de l’anxiété inhérente à l’immersion.

 

4) ANTÉCÉDENTS :

     4.1 Médicaux :

– Ophtalmologiques en recherchant surtout l’existence d’un kératocône, de myopie forte, de glaucome ou de lésions vasculaires rétiniennes ;

– Généraux : diabète, hypertension artérielle ;

     4.2 Chirurgicaux :

Type de chirurgie, délais, complications éventuelles ;

     4.3 Traitements suivis :

– Locaux : béta-bloquants devront être arrêtés 24 à 48 heures avant de plonger ;
La Pilocarpine devra être arrêtée au moins 8 jours avant, le myosis persistant longtemps après l’arrêt du traitement ;

– Généraux : le Diamox sera évité si possible ;

     4.4 Date de la dernière consultation et résultats ?

 

5) AVIS OPHTALMOLOGIQUE :

– Au moindre doute ;

– En cas de myopie sévère pour dépister une fragilité rétinienne périphérique diffuse ainsi qu’une maculopathie éventuelle ;

– En cas de placage de masque si le plongeur se plaint de troubles visuels ou de douleurs oculaires ou orbitaires.

6) INFORMER :

  1. Sur les possibilités de correction optique :
    Tous les défauts peuvent maintenant être corrigés dans un masque, il est essentiel de le faire savoir à tous les plongeurs porteurs de lunettes, y compris une correction par doubles foyers ;
    En cas de port de lentilles de contact, le débutant informera son moniteur de son impossibilité à ouvrir les yeux dans l’eau lors des exercices techniques par crainte de les perdre ;

  2. Sur les dangers et la prévention du placage de masque :
    Cet accident peut être évité en soufflant régulièrement par le nez dans le masque lors de la descente ; il sera particulièrement grave chez les plongeurs ayant des antécédents ophtalmologiques et il convient de les en informer ; de même, le médecin les informera sur les dangers d’une manœuvre de Valsalva trop violente ou trop longue et sur les risques de chocs par palmes, arrachage de masque, …
    Il informera également le plongeur novice des modifications de la perception visuelle dans l’eau (Qui n’a pas été déçu de la taille réelle de l’énorme poisson aperçu dans l’eau ?) et de la nécessité d’utiliser un phare de plongée pour admirer les couleurs sous-marines.

  3. L’attention sera attirée sur les risques de l’utilisation des produits anti-buée pour la cornée, la technique classique de la salive suivie du rinçage à l’eau de mer a gardé toute son efficacité ; à cette occasion, le manque de salive sera un bon indicateur de stress.

CONCLUSION :

Une bonne technique, une bonne condition physique, le respect des règles de sécurité et la connaissance des contre-indications doivent contribuer à minimiser les risques d’accident de plongée.

 

 


ASSOCIATION RÉUNIONNAISE DE MÉDECINE SUBAQUATIQUE ET HYPERBARE
Siège social : Groupe Hospitalier Sud Réunion, BP 350, 97448 Saint-Pierre cedex, Île de la Réunion
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